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Présenté par: Maxime Canals

Précisions à venir…

MISE EN LUMIERE

Juan Marsé (1933-2020)

L’écrivain espagnol Juan Marsé, narrateur de sa ville de Barcelone, est décédé samedi à 87 ans, a annoncé dimanche son agence littéraire Balcells. L’auteur catalan avait reçu en 2008 le Prix Cervantès, considéré comme le Nobel des lettres hispaniques, pour son œuvre contant la ville de Barcelone, théâtre d’une enfance au temps du franquisme, sans cesse réinventée dans ses livres. En recevant le Prix Cervantès, il avait déclaré être un « amoureux inconditionnel de la fiction ». Une fiction qui, selon lui, a « plus de poids et de solidité que le réel, plus de vie propre et plus de sens ». « La littérature est un règlement de comptes avec la vie » qui est rarement comme on l’espérait, disait encore ce citadin au visage buriné et au regard noir tour à tour ironique et mélancolique, auteur de quinze romans en près de soixante ans.

Ouvrier en joaillerie, il écrit son premier roman (Enfermés avec un seul jouet, Gallimard) à l’âge de 24 ans pendant son service militaire. Venu d’un milieu prolétaire, une exception dans la littérature catalane à l’époque, il ne cesse de raconter Barcelone, sous toutes ses facettes politiques et dans sa dualité culturelle. Lui-même parlait catalan en famille et écrivait en castillan.

Lauréat de plusieurs prix majeurs dans le monde hispanique, et notamment le Prix Planeta en 1978, le Prix européen de littérature en 1994 ou encore le Prix national de narration en 2001, il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages (fiction, jeunesse, nouvelles, contes, poésie, essais…). Amoureux du cinéma (il a écrit quelques livres sur le sujet), ses romans ont été régulièrement adaptés. Vicente Aranda a transposé quatre de ses fictions sur grand écran.

En France, son œuvre traduite a essentiellement été publiée ou rééditée par Christian Bourgois: L’Obscure Histoire de la cousine Montse, Teresa l’après-midi, Adieu la vie, adieu l’amour, Un jour je reviendrai, Boulevard du Guinardó, L’Amant bilingue, Les Nuits de Shanghaï, Des lézards dans le ravin, Chansons d’amour au Lolita’s Club, Calligraphie des rêves, Cette putain si distinguée…

« Si l’on écrit, c’est bien qu’on ne se satisfait pas de ce qui existe. On essaie de corriger le réel, d’en donner d’autres versions », disait-il pour expliquer sa détermination à faire vivre des personnages oubliés de l’Histoire ou à donner une version des faits loin de la propagande officielle. Source : https://www.livreshebdo.fr/

  • Le fantôme du cinéma Roxy : nouvelles (Gallimard, 1990) LHD 275
  • Adieu la vie, adieu l’amour (C. Bourgois, 1992) LHD 301
  • Les nuits de Shanghai (C. Bourgois, 1995) LHD 341

EXPOSITIONS

Patrimoine architectural

(Salle Genève – 2e étage)

Le bâti genevois est riche et divers. Le canton et la ville de Genève compte de multiples demeures historiques, villas, églises, maisons de campagne ou encore immeubles d’architectes et ponts. Venez donc redécouvrir le patrimoine architectural genevois à travers de nombreux ouvrages sur l’architecture rurale et urbaine à Genève.

AMSLER Christine, Maisons de campagne genevoises du XVIIIe siècle (Domus Antiqua Helvetica, 1999-2001) 14.1 AMS

BAERTSCHI Pierre, LA CORBIERE Matthieu de, JIRANEK Alès, Onex : du village à la ville (Slatkine, 2002) 1.1 DPT 6

Bâtir une ville au siècle des Lumières : Carouge : modèles et réalités : 1.2 BAT
Carouge, 29 mai – 30 septembre 1986 (Archivio di Stato di Torino, [1986])

BEERLI Conrad André, Rues basses et Molard. Genève du XIIIe au XXe siècle: leurs gens, leur quartier, leurs maisons (Georg, 1983) 1.1 BEE

BRAILLARD Pierre, Pierre Braillard : de 1932 à 1982 : un demi-siècle d’architecture à Genève (P. Braillard, 2007)14.1 BRA

CORBOZ André, Guide d’architecture moderne de Genève (Payot, 1969) 14.1 COR

COURTIAU Catherine (dir.), XXe : un siècle d’architectures à Genève : promenades (Patrimoine suisse, 2009) 14.1 COU

DUMONT Eugène-Louis, Genève d’autrefois: cours et escaliers des XVIIe et XVIIIe siècles (Eds. Le Pavé, 1969) 1.1 DUM 2

FREI Anita, Ponts de Genève (Ville de Genève, 2002) 14.1 FREI

FULPIUS Lucien, Une demeure historique : les Délices de Voltaire (Impr. A. Kundig, 1943) 1.1 FUL

GENEVE. DEPARTEMENT DES TRAVAUX PUBLICS, Hermance : [bourg médiéval] (Service des monuments et sites, 1985) 1.2 DTP 1

GRAF Franz (dir.), Honegger frères : architectes et constructeurs, 1930-1969 : de la production au patrimoine (Infolio, 2010) 14.1 GRAF

KUNTZ Joëlle, Genève internationale : 100 ans d’architecture (Ed. Slatkine, 2017) 14.1 KUNT

LAMUNIERE Jean-Marc, L’architecture à Genève de 1976 à 2000 : essai de répertoire (Infolio, 2007) 14.1 LAM

NAVILLE Paul, Guide de la vieille Genève (A. Jullien, [1954]) 1.1 NAV

SOCIETE SUISSE DES INGENIEURS ET ARCHITECTES (publ.) La maison bourgeoise en Suisse (E. Wasmuth, 1912) 14.1 MAI

UNIVERSITE DE GENEVE, Atlas du territoire genevois : permanences et modifications cadastrales aux XIXe et XXe siècles (Georg, cop. 1993) 4.0 ATL

Les rites

(salle de Théologie – 3e étage)

Les rites, actions accomplies conformément à des règles et faisant partie d’un cérémonial, représentent des pratiques sociales de caractère sacré ou symbolique et revêtent un sens différent selon les contextes.

Dans le langage courant, le terme de rite désigne tout comportement stéréotypé qui n’est pas imposé par la nécessité ou par la réalisation d’une finalité selon des moyens rationnels. Pour les biologistes, par exemple, la ritualisation est la formalisation d’un comportement à motivation émotionnelle ; ils la rattachent au processus de l’évolution et plus particulièrement à l’adaptation aux fonctions de communication. Ainsi, le rite pourrait s’observer chez les animaux. En psychologie, les manies sont souvent considérées comme des rituels et en psychopathologie et psychiatrie, on parle de rites névrotiques. Les rites se révèlent aussi, avec toute leur spécificité, dans les coutumes stéréotypées qui ne se justifient pas entièrement par une détermination limitée au monde naturel et qui font intervenir des rapports entre l’homme et le surnaturel. Rites magiques et rites religieux en sont ainsi les exemples les plus éclairants. La notion de rite se réfère donc à un comportement social, collectif, dans lequel apparaît un caractère répétitif, ce qui le distingue des conduites rationnellement adaptées à un but utilitaire. Vous trouverez ici de nombreux ouvrages sur les rites sacrés et funéraires ou encore les rites d’initiation dans différentes civilisations, cultures, religions et pays mais aussi des livres autour des rituels de savoir vivre.

(Sources : https://www.universalis.fr/ et https://larousse.fr)

ARIES Philippe, L’homme devant la mort (Seuil, 1977) PB 1633
ARON Robert, Ainsi priait Jésus enfant (B. Grasset, [1968]) TD 145
BETTELHEIM Bruno, Les blessures symboliques : essai d’interprétation des rites d’initiation (Gallimard, 1984) PB 1846
CALAME Claude, Thésée et l’imaginaire athénien : légende et culte en Grèce antique TA 488 (Payot, 1996)
CAZENEUVE Jean, Et si plus rien n’était sacré… (Perrin, 1991) TA 444
CRETTAZ Bernard, Cafés mortels : sortir la mort du silence (Labor et Fides, 2010) PB 1430
DUCOR Jérôme [et al.], Petit manuel des rites mortuaires (La joie de lire, 1999) PB 2142
LELOUP Jean-Yves (Ed.), Les livres des morts tibétain, égyptien, chrétien (A. Michel, 2009) TA 60
LEVY-BRUHL Lucien, L’âme primitive (F. Alcan, 1927) PB 851
MAGNIEN Victor, Les mystères d’Eleusis: Leurs origines, le rituel de leurs initiations  (Payot, 1929) TF 133
MAISONNEUVE Jean, Les rituels (P.U.F., 1988) SFF 62
MONTANDON Alain (dir.), Dictionnaire raisonné de la politesse et du savoir-vivre du Moyen Age à nos jours (Ed. du Seuil, 1995) PB 2009
PICARD Dominique, Les rituels du savoir-vivre (Ed. du Seuil, 1995) PB 2008
PINGUET Maurice, La mort volontaire au Japon (Gallimard, 1984) PB 1739
RAOULT Michel, Les druides. Les sociétés initiatiques celtiques contemporaines (Editions du rocher, 1983) TE 1161
VAN WOERKENS Martine, Le voyageur étranglé : l’Inde des Thugs, le colonialisme et l’imaginaire (Albin Michel, 1995) TA 377

L’égyptologie

(salle d’Histoire – 2e étage)

La civilisation égyptienne (périodes pré-pharaonique et antique) a toujours captivé les historiens et les archéologues : ses trois mille ans d’histoire regorgent de trésors. C’est le général Bonaparte qui s’intéresse le premier à l’égyptologie. Lors de la campagne d’Egypte (1798-1801) des artistes et des savants l’accompagnent afin de dresser un panorama des vestiges et des arts de l’Egypte antique. Pour le grand public occidental, l’attrait de l’empire égyptien réside avant tout dans les trésors cachés des pharaons. La contrebande d’antiquités égyptiennes se développe alors et de riches occidentaux se rendent en Egypte afin de fouiller les vestiges et ramener pour leur compte personnel le produit de leurs découvertes. Ce sont ces collections d’amateurs qui sont souvent à l’origine de la présence des pièces égyptiennes conservées dans les musées. En 1822, l’égyptologue français Jean-François Champollion présente un mémoire sur l’écriture égyptienne et en 1824 il publie son célèbre Précis du système hiéroglyphique. En 1828, il part en expédition sur les terres des pharaons, traduit des textes anciens et publie plusieurs livres qui deviendront des ouvrages de références pour les égyptologues du monde entier. Son déchiffrage des hiéroglyphes inscrit sur la pierre de rosette fera sa renommée. En 1860, c’est le directeur du musée de Boulaq, au Caire, Auguste Mariette, qui reprend le flambeau. Au temple d’Edfou, dédié au culte du dieu Horus, il découvre de nombreux objets, comme le scribe accroupi. Toutes ces découvertes attirent de nombreux occidentaux qui se découvrent une passion pour l’égyptologie. Le buste de Néfertiti est découvert en 1912 par une équipe d’archéologues allemands et le tombeau de Toutankhamon en 1922 par l’archéologue anglais Howard Carter. Aujourd’hui encore l’Egypte ancienne, une des civilisations les plus prospères du monde antique, fascine toujours et n’a pas révélé tous ses secrets : les historiens, archéologues et scientifiques continuent de faire de grandes découvertes.

(Source : https://webmuseo.com/)

Ouvrages autour de l’égyptologie :

CERAM C. W., Des dieux, des tombeaux, des savants : le roman vrai de l’archéologie HA 264 Ter (Le Rocher, 1986)
CHASSAGNARD Guy, Les frères Champollion : de Figeac aux hiéroglyphes (Segnat, 2001) HB 470
CHRISTOPHE Louis-A, Abou-Simbel et l’épopée de sa découverte (P.F. Merckx, 1965) HB 248
DESROCHES NOBLECOURT Christiane, La grande nubiade ou HA 504 Le parcours d’une égyptologue (Stock : Pernoud, 1992)
FAGAN Brian Murray, L’aventure archéologique en Egypte. Voleurs de tombes, touristes et HB 284 archéologues en Egypte (Pygmalion, 1981)
GONEIM Zakaria, La pyramide ensevelie (Le Livre contemporain Amiot-Dumont, 1957) HB 452
HARTLEBEN Hermine, Champollion : sa vie et son œuvre : 1790-1832 (Pygmalion, 1983) HB 469
JACQ, Christian, La vallée des rois : histoire et découverte d’une demeure d’éternité HB 358 (Perrin, 1992)
LACOUTURE Jean, Champollion : une vie de lumières (B. Grasset, 1988) HB 471
LECA Ange-Pierre, Les momies (Hachette, 1976) HB 262
MASPERO Gaston, L’archéologie égyptienne (A. Picard & Kaan, 1907) HA 19
MONDET Pierre, L’Egypte éternelle (Marabout, 1970) HB 290
STIERLIN Henri, Le buste de Néfertiti : une imposture de l’égyptologie ? (InFolio, 2009) HB 29
VALBELLE Dominique, Les chemins d’Horus (B. Grasset, 2010) HB 42

Voir aussi :
BERCHEM Denis van, L’égyptologue genevois Edouard Naville : 3.3 BER années d’études et premiers voyages en Egypte : 1862-1870 (Georg, 1989)
MAURICE-NAVILLE Danielle, NAVILLE Laurence, EGGLY-NAVILLE Corinne, 3.44 NAV La plume, le pinceau, la prière : l’égyptologue Marguerite Naville (1852-1930). Récit biographique à trois voix (La Baconnière, 2014)

Nathalie Sarraute (1900-1999)

(accueil)

Nathalie Sarraute, de son vrai nom Natalia Tcherniak, naît en Russie en 1900 dans une famille d’origine juive aisée et cultivée. Ses parents divorcent pendant sa petite enfance et elle est partagée entre la France et la Russie. Familière des voyages, la jeune Nathalie poursuit ses études dans plusieurs villes d’Europe, la sociologie à Berlin, l’anglais à Oxford et le droit à Paris. Elle devient avocate au barreau de Paris en 1925 où elle rencontre son futur mari, Raymond Sarraute.

En 1939, elle publie Tropismes (LM 1467), un ensemble de textes courts mais la guerre et les lois anti-juives l’obligent à se cacher sous une fausse identité. A la fin de la guerre, elle abandonne sa carrière d’avocate pour se consacrer à l’écriture de romans et d’articles critiques sur la littérature. Avec la publication en 1956 de son essai L’Ère du soupçon (LBA 678), une critique de la psychologisation des personnages littéraires, Nathalie Sarraute devient l’un des chefs de file du courant littéraire du Nouveau roman. Le succès en 1959 de son roman Le Planétarium (LHA 6918) la consacre comme grande romancière. Suivront Les Fruits d’or en 1964 ainsi que des pièces de théâtre, Le Silence (1964), Pour un oui ou pour un non (1982) et encore un récit autobiographique, Enfance (LM 2023), paru en 1983. Ses œuvres sont éditées dans La Bibliothèque de la Pléiade de son vivant en 1996. Nathalie Sarraute décède le 19 octobre 1999.

(Source : https://www.franceculture.fr/)

Œuvres de Nathalie Sarraute :

Disent les imbéciles (Gallimard, 1976) LHA 8064
Enfance (Gallimard, 1983) LM 2023
Ici (Gallimard, 1995) LHA 9942
Le planétarium (Gallimard, 1978) LHA 6918
L’ère du soupçon : essais sur le roman (Gallimard, 1978) LBA 678
L’usage de la parole (Gallimard, 1980) LM 1937
Martereau (Gallimard, 1953) LHA 8359
Ouvrez (Gallimard, 1997) LHA 10116
Paul Valéry et l’enfant d’éléphant ; Flaubert le précurseur LBA 614 (Gallimard, 1986)
Portrait d’un inconnu (Gallimard, 1956) LHA 6763
Tropismes (Eds. de Minuit, 1957) LM 1467
Vous les entendez ? (Gallimard, 1972) LHA 7687

Ouvrages sur Nathalie Sarraute :

ADERT Laurent, Les mots des autres (lieu commun et création romanesque dans LBA 725 les œuvres de Gustave Flaubert, Nathalie Sarraute et Robert Pinget) (Presses universitaires du Septentrion, 1996)
ALLEMAND André, L’œuvre romanesque de Nathalie Sarraute (La Baconnière, 1980) LBA 585
CRANAKI Mimica, BELAVAL Yvon, Nathalie Sarraute (Gallimard, 1965) LCD 832

Jean-Sébastien Bach (1685-1750)

(salle des Beaux-Arts – 3e étage)

Jean-Sébastien Bach ou Johann Sebastian Bach, né à Eisenach le 21 mars 1685 (31 mars 1685 dans le calendrier grégorien), mort à Leipzig le 28 juillet 1750, est un musicien, notamment organiste, et compositeur allemand.
Sa carrière s’est entièrement déroulée en Allemagne centrale, dans le cadre de sa région natale, au service de petites municipalités, de cours princières sans importance politique, puis du conseil municipal de Leipzig qui lui manifestait peu de considération : il n’a ainsi jamais pu obtenir un poste à la mesure de son génie et de son importance dans l’histoire de la musique occidentale, malgré la considération manifestée par certains souverains allemands, tel Frédéric le Grand, pour le « Cantor de Leipzig ».

Membre le plus éminent d’une longue lignée de musiciens, Bach se forme auprès de son père Johann Ambrosius Bach et de son frère aîné Johann Christoph Bach. Mais il a aussi été un autodidacte passionné de son art, copiant et étudiant sans relâche les œuvres de ses prédécesseurs et de ses contemporains : Frescobaldi, Couperin, Vivaldi et Buxtehude, développant sa science de la composition et particulièrement du contrepoint jusqu’à un niveau inconnu avant lui et, depuis lors, jamais surpassé. Jean-Sébastien Bach a été un virtuose de plusieurs instruments, le violon et l’alto, mais surtout le clavecin et l’orgue. Sur ces deux derniers instruments, ses dons exceptionnels faisaient l’admiration et l’étonnement de tous ses auditeurs ; il prétendait jouer tout à première vue, et pouvait improviser sur le champ une fugue à trois voix. Il avait aussi une compétence reconnue et très sollicitée en expertise de facture instrumentale.

À la croisée des principales traditions musicales européennes (pays germaniques, France et Italie), il en a opéré une synthèse très novatrice pour son temps. Bien qu’il n’ait pas créé de forme musicale nouvelle, il pratiqua tous les genres existant à son époque à l’exception de l’opéra : dans tous ces domaines, ses compositions, dont seules une dizaine ont été imprimées de son vivant, montrent une qualité exceptionnelle en invention mélodique, en développement contrapuntique, en science harmonique, en lyrisme inspiré d’une profonde foi chrétienne. La musique de Bach réalise l’équilibre parfait entre le contrepoint et l’harmonie avant que cette dernière ne prenne le pas à partir du milieu du XVIIIe siècle. Il est en particulier le grand maître de la fugue, du prélude de choral, de la cantate religieuse et de la suite instrumentale qu’il a portés au plus haut degré d’achèvement.

Il occupe successivement plusieurs postes, notamment à Weimar et à Cöthen, et la principale destination de ses œuvres a beaucoup dépendu des fonctions exercées : pièces pour orgue à Mühlhausen ou Weimar, instrumentales et orchestrales à Cöthen, religieuses à Leipzig notamment. Weimar est une cour luthérienne qui lui commande de la musique religieuse, Cöthen est calviniste et interdit donc la musique à l’église. Bach écrit alors de nombreuses œuvres instrumentales, comme les Concertos brandebourgeois ou les Suites pour violoncelle seul. Après le décès de sa femme, il rencontre la chanteuse Anna Magdalena Wilcke. Séduit par sa voix et ses qualités de musicienne, il l’épouse. Elle sera jusqu’à sa mort un fidèle soutien, en privé comme en musique. En 1723, il postule à Leipzig pour le poste de Cantor à l’église Saint-Thomas. La ville préférerait Telemann, dont la musique est jugée moins austère, mais il n’est pas disponible. Bach restera à Leipzig jusqu’à sa mort en 1750, à l’âge de soixante-cinq ans. De nombreux chefs-d’œuvre datent de cette époque, aussi bien dans le domaine sacré (les Passions, la Messe en si…) qu’instrumental (Le Clavier bien tempéré, les Concertos pour clavier…).

Ses contemporains l’ont souvent considéré comme un musicien austère, trop savant et moins tourné vers l’avenir que certains de ses collègues. Il a formé de nombreux élèves et transmis son savoir à plusieurs fils musiciens pour lesquels il a composé quantité de pièces à vocation didactique, ne laissant cependant aucun écrit ou traité. Mais la fin de sa vie a été consacrée à la composition, au rassemblement et à la mise au propre d’œuvres magistrales ou de cycles synthétisant et concrétisant son apport théorique, constituant une sorte de « testament musical ».

Peu connue de son vivant au-dehors de l’Allemagne, sa musique passe de mode et est plus ou moins oubliée après sa disparition, malgré les efforts de son fils Carl Philipp Emanuel pour faire connaître ses œuvres. Mendelssohn va le faire redécouvrir au public en programmant la Passion selon St Matthieu en 1829. Son œuvre, comprenant plus de mille compositions, est comparée aux cathédrales dont on admire la beauté et la majesté. Elle est généralement considérée comme l’aboutissement et le couronnement de la tradition musicale du baroque et la perfection de la construction musicale de ses Préludes et fugues, ses concertos, ou ses suites pour divers instruments a fait l’admiration des plus grands musiciens, conscients de son extraordinaire valeur artistique. Objet d’un culte chez les musicologues et musiciens qui a cependant pu susciter l’ironie de Berlioz, Jean-Sébastien Bach est, de nos jours, considéré comme l’un des plus grands compositeurs de tous les temps, si ce n’est comme le plus grand.

Bach, dernière fugue / Armand Farrachi (Gallimard, 2004) BD 648
Bach et son temps : documents de J.S. Bach, … / Textes choisis, présentées et annotés par Gilles Cantagrel (Fayard, 1997) BD 577
Le dialogue musical : Monteverdi, Bach et Mozart / Nikolaus Harnoncourt (Gallimard, 1985) BD 387
Jean-Sébastien Bach / Roland de Candé (Seuil, 1984) BD 384
Jean-Sébastien Bach / Marcel Brion (Hachette, 1963) BD 273
Bach et sa famille : sept générations de génies créateurs / Karl Geiringer (Corrêa, Buchet/Chastel, 1955) BD 239
Johann Sebastien Bach : ein verpflichtendes erbe / Paul Hindemith (Im Insel, 1954) BD 366
Jean-Sébastien Bach / Robert Pitrou (Albin Michel, 1941) BD 181
Die kleine Chronik der Anna Magdalena Bach / [Esther Meynell] (Koehler & Umelang, 1936) BD 633
La petite chronique d’Anna Magdalena Bach / trad. par Marguerite et Edmond Buchet (R.A. Corrêa, 1935) BD 633 B
J.-S. Bach / André Pirro (F. Alcan, 1919) BD 86
L’esthétique de Jean-Sébastien Bach / André Pirro (Librairie Fischbacher, 1907) BD 38
J.S. Bach le musicien-poète / Albert Schweitzer (Fischbacher, 1905) BD 618
Etude sur J.-S. Bach (1685-1750) / William Cart (Fischbacher, 1899) BD 619

o Fritz Bach : sa vie, son œuvre / Henri Gagnebin (V. Attinger, 1935) BD 152